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Conférence du 20 mai 2011

 

« Alcool et les jeunes, liaisons dangereuses ? »

Bastogne, le 20 mai 2011 par le Docteur Adrien Charpentier, psychiatre

 

Interdire un plaisir ne fonctionne pas, il le renforce.

 

La question de la consommation d’alcool préoccupe tant les parents que les responsables de jeunes quel que soit le milieu.  Dans une société qui semble sans repères, quelles sont les limites pour ces jeunes ?  Docteur Charpentier interroge l’assemblée sur sa présence : est-il le dépositaire de l’absence de référent, a-t-il un rôle de « Père Fouettard » ?

 

Non ! Même s’il peut paraître difficile d’avoir un rôle à jouer avec chaque jeune, avec la jeunesse, Docteur Charpentier attire notre attention sur l’importance, la nécessité de se réapproprier, chacun, la compétence et la capacité de rester en contact, en lien avec celle-ci !

 

D’abord, se réapproprier la loi et ce qu’elle prévoit.

Une consommation occasionnelle correspond, théoriquement, à 4 verres consommés en une fois, au-delà, celle-ci est considérée comme problématique…

L’alcool, pour le jeune, peut être une recherche de solution MAIS cette solution n’est pas adaptée !  L’intérêt, pour les personnes qui l’entourent, est alors de percevoir et de reconnaître l’existence d’un problème.

Le recours à la loi, dans une optique positive, ne doit jamais être évité tant pour le consommateur que pour celui qui sert l’alcool ! 

Pour rappel : la bière en dessous de 16 ans, c’est illégal et, un softdrink étant un spiritueux, il est interdit en dessous de 18 ans !

 

Ensuite, se poser les bonnes questions : l’adolescent est en pleine période d’énergie, de créativité sans cesse renouvelée face aux adultes qui se montrent plutôt figés…

 

L’adolescent est pris entre, d’une part, la continuité dans ses apprentissages et sa famille, et, d’autre part, la rupture vécue à cette période entre ce qu’il était et ce qu’il est en train de devenir : la perte d’une peau pour en revêtir une autre.

Dans cette période, le jeune a peu de conscience du danger, il se sent « immortel », comme s’il était dans la nécessité de vivre des moments extrêmes, comme pour se donner le droit de vivre…

L’adulte devrait pouvoir accepter une prise de risque modérée qui permette que le raisonnement s’affine en gardant le LIEN nécessaire à l’échange, à la discussion, sur la vie que le jeune s’imagine être le seul à devoir découvrir…

Le professeur ou le parent prend un rôle de REFERENT qui ne désarme pas, comme une borne fixe : l’adolescent se nourrissant des adultes et de la différenciation qu’il en vit.  Le référent est contenant pour cet adolescent qui se joue des limites.

 

Quelle prévention dans tout cela ?

1/ Ajuster l’environnement

2/ Etayer, soutenir la difficulté en restant en LIEN, ce qui est tout à fait différent de la position autoritaire abusive qui ne renforce l’opposition.

3/ Repérer le risque

4/ Intervenir et/ou orienter

 

La responsabilité appartient à tous.